Mehdi El Yaalaoui

Dossier Marocains au Brésil : Mehdi El Yaalaoui

Texte : Guillaume Rateau Photos : Sarah PoliCouleurs Maroc n°55 - Juillet/Août/Septembre 2016

Lauréat de l’ESSEC Paris entré en 2004 dans les hautes sphères de la compagnie aérienne nationale, l’ex-directeur de Royal Air Maroc Italie, à qui l’on doit également la récente ouverture du ciel scandinave, est l’homme des missions au long cours. Depuis près de trois ans, Mehdi El Yaalaoui œuvre à développer et consolider la nouvelle présence de la RAM en Amérique latine…

La destination Brésil est désormais le plus long courrier opéré par la compagnie. Pourquoi ce choix ?

Le Brésil, malgré la crise économique et politique actuelle, demeure le géant économique du continent. Avec plus de 200 millions d’habitants, c’est un marché attractif à très fort potentiel de développement. Mais la RAM au Brésil, c’est aussi une longue histoire puisque nous avons desservi Rio de Janeiro de 1976 à 1992, une liaison à l’époque supprimée pour manque de rentabilité. Le contexte local et international a depuis évolué, notre compagnie aussi, qui avec la réouverture de la ligne Casablanca-São Paulo, fin 2013, a souhaité se lancer de nouveaux défis.

Selon quelle stratégie ?

Depuis les années 2000, RAM a cessé d’être une compagnie régionale pour se transformer en hub international, en mettant notamment le cap sur le continent africain et en se positionnant comme la 2e compagnie aérienne entre l’Europe et l’Afrique. Nous avons adapté notre stratégie africaine sur le Brésil, et nous avons pour ambition de positionner RAM comme un transporteur incontournable sur le continent européen. Pour ce faire, nous transformons l’escale obligatoire à Casablanca, qui au départ pouvait apparaître comme une faiblesse, en véritable atout. Nous œuvrons à la promotion du Maroc sur la route de l’Europe et offrons une escale pouvant atteindre 7 jours, sans frais additionnels. En cela, nous appliquons le modèle adopté par Dubaï au début des années 2000. Cette stratégie s’avère payante. Lors des fêtes de fin d’année 2015 le Maroc fut la 3e destination des Brésiliens, après Cancun et Orlando. En 2015, 25 000 Brésiliens ont voyagé avec Royal Air Maroc. Notre objectif de croissance : 80 % annuels.

Du nouveau pour 2016 ?

À partir du mois de septembre prochain nous proposerons 4 fréquences hebdomadaires, vers ou à partir de São Paulo et Rio de Janeiro. Grâce à la nouvelle liaison directe Casablanca-Rio, la part des Marocains voyageant vers le Brésil devrait connaître un net accroissement – des 5 % actuels nous comptons vite atteindre les 15 à 20 %. Enfin, dès la fin de cette année, le Boeing 767 devrait être remplacé par le Boeing 787 Dreamliner, très attendu par les Brésiliens, notamment le segment du « MICE ».

Comment faites-vous (re)connaître la RAM auprès des Brésiliens ?

Pour améliorer rapidement notre notoriété, nous avons choisi, pour 2016, d’être le sponsor principal d’une équipe de football mythique au Brésil, le club de Santos, celui de Pelé et de Neymar à ses débuts. Nous investissons également beaucoup dans le « trade marketing » et le « marketing digital ». Les canaux de communication classiques ne sont pas délaissés pour autant : nous avons été en mesure de placer des émissions sur le Maroc, en prime time, en collaboration avec nos amis de l’ONMT Portugal. La dernière en date a été diffusée sur TV Globo. Les relations publiques ne sont pas en reste. À titre d’exemple, nous avons co-organisé avec la CGEM un voyage à Marrakech en décembre 2014, au profit du patronat brésilien.

Prévoyez-vous un accompagnement spécifique à l’occasion des Jeux Olympiques ?

Nous travaillons sur un projet qui reste pour l’heure confidentiel. À suivre… À titre personnel, j’assisterai à la finale du saut d’obstacles, pour soutenir notre champion national Abdelkebir Ouaddar. J’aimerais également encourager tous les Marocains à faire le déplacement à Rio fin février 2017, pour assister à l’événement le plus grandiose en Amérique du sud : le carnaval. Une des écoles de samba les plus emblématiques de la ville a en effet choisi le Maroc pour thème.

Mehdi El Yaalaoui

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