Marathon des Sables

À la conquête du Marathon des Sables

Texte : Guillaume Rateau Photos : cimbaly@mds2014Couleurs Maroc n°48 - Février/Mars 2015

Il n’en finit pas de fasciner et d’éprouver ceux qui ont le cœur et les tripes d’y participer… Considéré depuis sa création comme l’Everest de la course à pied, le Sultan Marathon des Sables, trentième du nom et désormais étape phare du championnat du monde d’ultra-trail, s’élancera en avril prochain, sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans les confins désertiques du Grand Sud marocain.

Le Marathon des Sables : Plus qu’une course !

La quête d’absolu ? Le surpassement physique et moral ? L’ivresse des grands espaces ?… Mais que cherchent-ils ces aventuriers en provenance des cinq continents ? Le sauront-ils jamais ? Et d’ailleurs qu’importe. Simplement être là, vivre le désert, défier pas à pas ce grain de beauté, cet océan jaune pisé. Issus de cinquante nationalités, quelque 1 300 candidats, sportifs de haut niveau et marcheurs au long cours, se mettront cette année encore à nu, certains au profit d’une association ou d’une grande cause, une poignée pour la gagne. Tous courront ou marcheront sur plus de 250 kilomètres – en 6 étapes de 30 à 75 kilomètres chacune –, de jour et souvent de nuit, chacun à leur rythme, en équipe ou en solitaire mais en autosuffisance totale, munis d’un unique sac à dos devant contenir pour sept jours tout le nécessaire en équipements et en nourriture – l’eau étant distribuée quotidiennement au bivouac à raison de dix litres par personne, et pas une goutte de plus ! D’ergs en regs, de cordons de dunes en lits d’oueds asséchés, de djebels en oasis, de plaines brûlantes en douars souriants, ils devront, au fil d’un itinéraire gardé secret jusqu’à la veille du départ et sous le cagnard saharien, faire de leurs infortunes corporelles bon cœur – déshydratation, insolation, ampoules, entorses… Mais au-delà de ce face-à-face avec eux-mêmes et les éléments, ils seront pour beaucoup venus trouver ce que seul le Sultan Marathon des Sables peut offrir en matière d’ultra-trail : un état d’esprit et des valeurs. Ainsi va le Sultan Marathon des Sables, qui de l’éthique et de l’équité sportives, du respect de soi et de l’environnement, de la solidarité et de la convivialité tire depuis trente ans ses lettres de noblesse.

La chasse gardée des frères Ahansal

À eux seuls ils totalisent quinze victoires en trente éditions et un nombre incalculable de places d’honneur. L’aîné, Lahcen, qui affiche dix victoires à son compteur, court le 1 000 m en 2 min 55 s (1999) et le marathon en 2 h 16 min 50 s (1997), s’offre le luxe de remporter l’épreuve durant neuf années consécutives (de 1999 à 2007). Le cadet, Mohamad, a depuis pris la relève puisqu’il s’adjuge cinq titres dont trois lors des six dernières éditions. Natifs de Zagora, issus d’une famille modeste de la tribu des Aït Atta et orphelins de père, c’est peu dire que leurs parcours respectifs, non seulement sur le Sultan Marathon des Sables mais également sur des courses d’endurance prestigieuses comptant pour le championnat du monde d’ultra-trail, font la fierté de leur région et d’une nation tout entière. Les prétendants au titre auront cette année fort à faire pour leur ravir le très symbolique podium du 30e anniversaire.

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