Noureddine Amir

Noureddine AMIR, Sculpteur de mode

Texte : Laetitia Dechanet Photos : DrCouleurs Maroc n° 60 Été 2018

Entre une exposition au Musée Yves saint Laurent Marrakech et un défilé pendant la prochaine fashion Week de paris, rencontre avec Le créateur  Noureddine AMIR que pierre Bergé définissait comme « un artiste qui se sert du vêtement pour créer son oeuvre ».

 

Noureddine Amir Noureddine Amir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

photo de Luc Castel

 

Il y a une chose qui met Noureddine Amir dans tous ses états, c’est quand on lui demande si ses robes sont mettables. « ce n’est pas parce que cela vient de la mode que cela doit être mettable », plaide le créateur. dans son cas il s’agirait plutôt d’oeuvres d’art qui ressemblent à des robes, et non l’inverse. comme si la mode n’était qu’un prétexte. d’ailleurs, sur son cv, la liste des expositions (notamment au Musée des Beaux-arts de Lille ou au Musée de la mode d’Anvers) est plus longue que celle des défilés. « ce qui est intéressant chez toi, c’est que tu ne copies personne », lui dit pierre Bergé quand il le rencontre en 2014, après avoir flashé sur son travail pendant l’exposition « Maroc contemporain » à l’institut du Monde arabe. d’où la rétrospective que le mécène lui consacrera à la fondation pierre Bergé-Yves saint Laurent en 2016, puis l’exposition récemment montrée au Musée Yves saint Laurent Marrakech (mYsLm). une exposition à la scénographie déroutante, signée Christophe Martin. suspendues par des fils invisibles dans l’obscurité, les robes lévitent dans un espace indéfini : « elles sont ailleurs, comme la production de Noureddine Amir par rapport à la mode », décrypte le scénographe qui a conçu un parcours où l’on perd ses repères,voire l’équilibre sous l’effet d’un habile jeu de miroirs. « pour moi Noureddine n’est pas du tout un
couturier, c’est un architecte, il crée de l’espace autour d’un corps », définit Christophe Martin.

 

Musée ysl expo Noureddine Amir
C’est directement au contact du mannequin que Noureddine Amir façonne ses créations, sans dessin préalable.

 

Exposition au musée YSL
Noureddine Amir n’utilise que des matières brutes comme le lin, la soie ou le raphia pour créer la matière de ses robes.

 

Au début était la matière

Suivre la mode et les tendances n’intéresse effectivement pas Noureddine A mir. il s’en rend compte tout de suite après son premier défilé, à sa sortie de l’école supérieure des arts et techniques de la mode (esMod, casablanca) en 1996. il se demande : à quoi bon faire ce que l’on voit déjà partout dans les magazines ? L’occasion se présente alors de travailler avec Shirin Nashat. c’est en réalisant des costumes pour les films et performances de l’artiste iranienne qu’il trouve sa voie.

Quand il décide de revenir travailler au Maroc après un an passé à new York, il veut poursuivre dans la mode tout en gardant la liberté de création que l’art lui a donné. Les matières manquent mais il se refuse à les importer, alors il fait avec ce qu’il trouve : « J’ai pris des choses basiques et j’ai trouvé du plaisir à rendre les matières brutes belles et sensuelles. » raphia, toile de jute, lin et soie s’enroulent en spirale, se dressent en tubes, tissent une trame dont jaillissent des créations-créatures hors du temps, autant futuristes qu’ancestrales.

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