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Jardins du Maroc

Morceaux  de paradis

« Le jardin, c’est de la philosophie rendue visible », écrit Erik Orsenna. C’est un lieu qui parle à l’âme, qui nous connecte à ce que nous avons de plus profond, à la nature et à notre propre nature. Un lieu de spiritualité aussi, dont les origines perses ont d’ailleurs donné son nom au paradis. Couleurs Maroc est parti se promener dans les plus beaux jardins marocains.
Pas tous hélas, il y en a tellement.

 

Le Palais Layadi dans la médina de Marrakech

Le paradis sur terre.

C’est la définition pure et simple du jardin arabo-musulman. Un Éden directement inspiré du jardin perse, dont l’art est déjà vieux de 5 000 ans quand les Arabes le découvrent au VIIe siècle, au moment de la conquête musulmane. Dans la Perse antique, le jardin est un lieu de détente, de plaisir et de méditation spirituelle qui obéit à des caractéristiques bien définies : conçu pour procurer de l’ombre grâce à ses arbres, treilles et pavillons, il se déploie selon un plan en croix et s’agrémente de fontaines et bassins. Cet espace clos s’appelle pairi-daeza (littéralement « entouré de murs »), qui donnera le mot paradis dans la mythologie judéo-chrétienne ou encore le mot firdaous en arabe. Le jardin occupe une telle place dans la culture persane qu’il est partout représenté, sur les tapis, les tissus, dans la peinture, en particulier les miniatures. On imagine en effet la fascination que peut exercer ce havre de fraîcheur et de verdure dans cette contrée majoritairement aride. Encore plus aux yeux des conquérants venus du désert, qui vont généraliser le jardin persan dans tout le monde musulman.

Divisé en huit parties comme les huit parties du livre saint et alimenté par quatre canaux qui symbolisent les quatre fleuves du paradis (eau pure, lait, vin et miel), le jardin arabe se cultive avec vénération de Samarcande à Grenade (écrin des jardins de l’Alhambra), de Delhi à Fès, en passant par Damas, Ispahan ou Tunis. Sa conception est une ode à ce que les peuples arabes ont de plus précieux : l’eau, élément sacré dans le Coran. Omniprésente mais pas exubérante, elle ruisselle des fontaines et murmure le long des rigoles, surgit de quelque jet discret. L’eau représente l’étage le plus bas du jardin arabe qui en compte trois. L’étage intermédiaire, celui des fleurs et des fruits, déploie une palette de couleurs et senteurs émanant des rosiers, jasmins, chèvrefeuilles, hibiscus, orangers… Le dernier étage, celui de l’ombre, est généralement composé de palmiers, cyprès ou cèdres pour protéger les deux autres. Pensé pour exalter tous les sens, le jardin est non seulement un art mais aussi une science, un lieu d’expérimentation pour croiser et acclimater de nouvelles espèces exotiques, développer de nouvelles techniques d’irrigation. L’Orient des VIIIe et IXe siècles est le théâtre d’innovations majeures en matière d’hydraulique, d’agronomie et de botanique, stimulées par la contrainte d’un milieu aride.

 

C’est aussi un lieu de vie, celui des intrigues entre les hauts murs des palais princiers, le décor des amours pâmées, des réceptions mondaines, des soirées musicales et littéraires entre amis… Son importance est telle qu’il influence l’urbanisme : le Moyen Âge voit fleurir partout dans le monde musulman les cités-jardins, organisées en fonction des ressources en eau. À l’extérieur de la médina se trouve le jnan, grand jardin non arrosé, et l’agdal, vaste verger clos doté d’un bassin alimenté par des canaux souterrains (khettara), à l’instar de la Ménara de Marrakech. Cette vaste oliveraie plantée sous les Almohades est irriguée par l’eau des montagnes ainsi acheminée sur une trentaine de kilomètres. L’intérieur de la médina abrite également des vergers et potagers où l’on vient aussi se promener (arsa) et bien sûr les riads, cultivés dans les patios des maisons.

 

De la même manière, l’espace vert sera au cœur de la planification des villes modernes pensée par le protectorat français au Maroc à partir de 1912. Refusant d’appliquer des modèles-types, le résident général Hubert Lyautey veut adapter les sites urbains au paysage déjà existant et apporter « l’aisance de la vie, le confort, le charme et la beauté ». Avec l’architecte paysagiste Jean Claude Nicolas Forestier, auquel Lyautey confie l’aménagement des villes nouvelles, plusieurs villes du Maroc deviennent le terrain d’expérimentation du concept de « systèmes de parcs », encore jamais testé en France. Selon sa conception, la ville doit se développer par noyaux successifs isolés par des zones de verdure, afin que l’expansion illimitée de la ville ne repousse pas trop loin les sources d’accès à la nature. Marqué par les jardins arabo-andalous qu’il a étudiés à Séville et Grenade, Jean Claude Nicolas Forestier en propose une réinterprétation contemporaine. C’est donc le même art que perpétuent depuis des siècles les jardins marocains, chacun à sa manière et à son époque. Qu’ils soient historiques (La Mamounia), botaniques (Majorelle, Bouknadel), urbains (Parc de la Ligue arabe) ou complètement arides (Taroudant), tous nous offrent un morceau de paradis. Suivez le guide.

Dar Moulay Ali, un jardin historique

Le jardin de Dar Moulay Ali, ancien palais princier qui est aujourd’hui la résidence du consul de France, est l’un des plus anciens de la médina de Marrakech. Ces 10 000 m2 hérités de la tradition arabo-andalouse étaient à l’abandon quand le consul Éric Gérard a décidé d’en restituer la mémoire. Le paysagiste Ahmed Bentaher (Hortis) a d’abord épuré puis restructuré le jardin pour retrouver ses lignes directrices initiales. Il a ensuite réintroduit des essences d’origine : jasmin, daturas, arbres fruitiers… Des palmiers Washingtonia ont également été plantés pour créer un dialogue avec les palmiers situés à l’extérieur du jardin.

Adossé aux remparts de la médina de Marrakech, l’ancien palais du caïd Layadi a été restauré il y a une dizaine d’années par Jean-Louis Raynaud, décorateur et paysagiste français, et Kenyon Kramer, designer américain. Jean-Louis Raynaud a conçu un jardin dans la plus pure tradition arabo-andalouse : quatre carrés séparés par quatre allées qui évoquent les quatre fleuves du paradis et convergent vers une fontaine centrale.

La myrrhe et les orangers dominent ce jardin tout en simplicité et délicatesse.

 

Parc de la Ligue arabe, cœur battant de Casablanca

Actuellement en cours de réhabilitation, le parc de la Ligue arabe est inscrit dans l’ADN de Casablanca. Autrefois appelé parc Lyautey, cet espace de 30 hectares est le plus grand parc urbain créé sous le Protectorat. Élément essentiel du plan de la ville tracé par l’urbaniste Henri Prost en 1915, il constitue un trait d’union entre la zone résidentielle et la zone commerciale, entre la ville et la nature. Quand Albert Laprade conçoit en 1916 ce mélange de jardin à la française et à l’anglaise (c’est la mode à l’époque), il l’imagine comme un lieu de vie : grandes allées de promenade, jeux pour enfants, terrains de sport… Le parc est même prévu pour servir de champ de foire et d’exposition. C’est cette philosophie qui guide aujourd’hui sa rénovation, confiée aux architectes paysagistes Pascal Lopez et Bertrand Houin (ID Paysages). De vastes travaux ont permis de renouer avec le tracé d’origine de ce parc connecté à la ville grâce à une vue filante, sans aucun bosquet pour arrêter le regard. La sensation d’être noyé dans la verdure vient du couvert végétal procuré notamment par les ficus centenaires taillés en rideau. Remis en valeur, l’axe central bordé de ficus, palmiers, eucalyptus et séquoias est souligné par la création d’une seguia traditionnelle, clin d’œil au jardin arado-andalou.

Parmi les autres nouveautés, des pelouses ouvertes aux promeneurs, une butte-belvédère avec vue à 360° sur le parc, une multitude de jeux pour enfants, des cafés et restaurants à l’intérieur du parc, ainsi qu’un grand bassin circulaire qui peut être recouvert et accueillir des spectacles.

Ouverture en septembre 2018

 

 

Conçu en 1916, ce mélange de jardin à la française
et à l’anglaise est le plus grand parc urbain
créé sous le Protectorat

À Taroudant, la sécheresse est richesse

Pour faire un jardin avec très peu d’eau, il ne suffit pas de planter des cactus.

C’est le triste constat que font Éric Ossart et Arnaud Maurières en cet été 1998 quand ils arrivent dans leur nouveau pied-à-terre de Taroudant. Le jardin qu’ils ont planté trois mois plus tôt a complètement grillé. Pourtant le duo d’architectes paysagistes français, qui avait jusque-là principalement réalisé des jardins méditerranéens, avait pris soin de choisir des succulentes et des cactées adaptées au sol aride. Pour comprendre ce qui a cloché, ils partent observer ces plantes dans leur milieu naturel, au Yémen, à Madagascar, en Inde, au Mexique… Ils constatent que si elles sont résistantes, elles ne le sont pas à l’état de graines et de jeunes pousses : elles ont besoin de graminées et d’arbustes pour se protéger du soleil. Pionniers du jardin d’aridité, Ossart et Maurières ont inscrit cette réflexion sur le biotope au cœur de leur démarche. À Taroudant, ils ont créé une trentaine de jardins, notamment ceux des maisons d’hôtes Dar Igdag et Dar Al Hossoun, lieu de leurs premières expérimentations. Dar Al Hossoun est leur manifeste du jardin d’aridité et du jardin émotionnel : un jardin sans dessin, dont l’architecture est guidée par les lieux, où l’action précède la réflexion. « Faire des plans, ce n’est pas dans les gènes, il faut revenir à quelque chose d’humain », assène Arnaud Maurières. Étonnants de luxuriance, les jardins d’aridité sont des leçons de patience et de tolérance. Ils déroutent par leur beauté, déjouent les clichés, forcent à s’arrêter. Pour admirer leurs chatoyantes couleurs qui changent à chaque saison et attendre – parfois dix ans – jusqu’à la prochaine spectaculaire floraison. Des havres de paix à découvrir dans un Éloge de l’aridité où les deux architectes racontent avec poésie leur aventure et démontrent en quoi le jardin aride est révolutionnaire.

À l’heure où les climats changent et les ressources en eau se raréfient, les deux architectes clament haut et fort : « Le jardin de demain sera aride ou ne sera pas. »

www.ossart-maurieres.com
Instagram : @arnaud_maurieres

La Mamounia : il était une fois un jardin…

Avant d’être le palace que l’on connaît, La Mamounia était d’abord un jardin dont l’histoire remonte au XVIIIe siècle.

Il appartenait au sultan Mohammed III qui l’avait offert en cadeau de mariage à son fils, le prince Mamoun. D’où son nom. Adossé aux remparts de la vieille ville, ce domaine de 8 hectares n’a pas vraiment changé depuis. C’est toujours la même allée centrale, bordée d’oliviers dont les plus vieux ont 700 ans, qui mène au Menzeh où avaient lieu autrefois les réceptions en plein air. En se promenant au milieu des palmiers, orangers et autres arbres fruitiers qui parsèment les vastes pelouses, il n’est pas rare de croiser les chefs cuisiniers qui viennent choisir dans le potager – bio – les ingrédients pour leurs nouvelles créations. Pour la petite histoire, les jardins ont également inspiré Winston Churchill qui a peint onze toiles ici, « le plus agréable endroit sur terre » selon lui. Pas besoin de résider à l’hôtel pour flâner dans les 6 000 m2 d’allées de cet exceptionnel jardin qui partout foisonne de roses (5 000 rosiers en tout !). À La Mamounia, on trouve « impensable de fermer le jardin au public, il appartient à l’histoire et aux habitants de Marrakech ».

La Mamounia
Avenue Bab Jdid, Marrakech
www.mamounia.com

 

 

Bouknadel, un voyage au bout du monde

« Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles. »

Cet aphorisme de l’écrivain Christian Bobin décrit à lui seul les Jardins exotiques de Bouknadel. Le voyage commence à 12 kilomètres de Rabat et nous entraîne dans les forêts tropicales et les steppes arides de lointaines contrées : Polynésie, Congo, Mexique, Asie méridionale, Pérou, Brésil, Antilles… Si les lianes et ponts suspendus réveillent notre instinct d’aventurier, l’esprit s’apaise devant les subtiles harmonies des jardins japonais, chinois et andalou. Au total, cette oasis de verdure réunit 320 espèces d’arbres et de plantes, mais aussi des animaux dans la volière et le vivarium (serpents, tortues, lézards, scorpions, mygales…). Conçus par l’ingénieur français Marcel François en 1951, ces jardins ont été restaurés à l’identique au début des années 2000. Une initiative de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, qui assure désormais la gestion des jardins, avec pour principale mission de sensibiliser au respect de la nature. Un centre d’éducation à l’environnement est d’ailleurs en cours de construction sur un terrain adjacent. Il ouvrira ses portes à la rentrée 2018.

Les jardins exotiques de Bouknadel
Salé, kilomètre 13
www.jardinsexotiques.com

 

 

 

La plus belle œuvre de Majorelle

Faut-il encore présenter le Jardin Majorelle ? On revient

inlassablement s’y promener, comme on revient admirer un tableau qui chaque fois livre de nouveaux secrets. Délicate poésie des pétales de bougainvilliers qui saupoudrent les allées, sérénité du murmure de l’eau dans les fontaines et bassins, harmonie du pépiement des oiseaux, exaltation des couleurs… La nature offre une vaste palette au peintre qui a mis 40 ans à créer ce jardin exotique dans sa propriété de Marrakech. Passionné de botanique, il a rassemblé ici des centaines d’espèces d’arbres et de plantes rapportées de ses voyages aux quatre coins du monde. Mille et une nuances de vert émanent des bambous, palmiers, cactées, succulentes et autres fougères, rehaussées par les couleurs vives qui recouvrent les céramiques et les murs, dont ce fameux bleu-cobalt que le peintre associait à l’Afrique et qui porte son nom. Une « source inépuisable d’inspiration » pour Yves Saint Laurent qui avait racheté avec Pierre Bergé le jardin, menacé par un projet immobilier, et confié sa restauration à Madison Cox. Jacques Majorelle considérait « cet enclos de verdures fleuries » comme sa « plus belle œuvre ». Son jardin est en tout cas devenu aussi célèbre que ses toiles.

Jardin Majorelle
Rue Yves Saint Laurent, Marrakech
www.jardinmajorelle.com

 

Passionné de botanique, Jacques Majorelle a mis 40 ans à créer ce jardin exotique dans sa propriété de Marrakech.

 

 

 

Volailles fermières El Beldi : Au-delà du goût

Jusqu’à la création de la marque El Beldi en 2015, on ne produisait pas au Maroc de volailles fermières halal à la traçabilité garantie, c’est-à-dire saines et goûteuses parce que certifiées nourries au bon grain et sans antibiotiques, élevées en plein air dans le respect du bien-être animal, mais encore abattues, travaillées et conditionnées par le même opérateur selon des normes sanitaires aux plus hauts standards internationaux. En inaugurant la première filière intégrée de volailles fermières du Royaume, les fondateurs de la ferme de Sidi Bouothmane ont montré la voie à tout un secteur, remis un peu de bon sens et beaucoup de saveurs dans nos assiettes…

Le sujet pourrait prêter à sourire s’il n’en allait pas de notre santé, de notre rapport au goût et à la nourriture, et plus largement des liens que nous entretenons avec la nature et les animaux. Une affaire d’autant plus sérieuse si l’on considère que plus du tiers des protéines animales entrant dans la ration alimentaire moyenne du consommateur marocain est issu des produits du secteur avicole, avec en star absolue le poulet et ses différentes variantes selon l’âge d’abattage – coquelet, coq, poularde et chapon. La ferme d’élevage et le laboratoire d’abattage et de transformation El Beldi, tous deux voisins et répartis sur une cinquantaine d’hectares à une trentaine de kilomètres au nord de Marrakech, sont exemplaires à plus d’un titre : ils sont agréés par l’ ONSSA (Office national de sécurité alimentaire des produits sanitaires), soumis à un cahier des charges d’élevage spécifique garantissant leur traçabilité, adhérents au Groupement d’éleveur responsable, certifiés HACCP et conformes au rite d’abattage halal par l’IMANOR (institut marocain de normalisation). Plus concrètement, les poussins, nés au Maroc dans des couvoirs spécialisés et issus d’une souche fermière à croissance lente, sont élevés au sol sur une vraie litière de paille, dans sept bâtiments d’élevage dernier cri régulant automatiquement la température et l’hygrométrie ambiantes.

Les éleveurs maison –labellisés « Pure life » –, qui leur rendent visite au moins quatre fois par jour et les nourrissent exclusivement de céréales, de végétaux, de minéraux et de luzerne fraîche cultivée sur le domaine, s’assurent de leur confort et de leur bon état général, mais aussi de leur moral à travers un détail qui fait ici toute la différence : les volailles accèdent librement et quotidiennement à un vaste parcours herbeux ombragé par des oliviers. Arrivées à maturité, elles sont alors – de nuit donc sans stress – acheminées au laboratoire pour être étourdies avant d’être saignées dans les règles de l’art. À chaque étape, un organisme certificateur indépendant s’assure du strict respect des nombreux et très rigoureux cahiers des charges. Une fois travaillées et conditionnées, la majorité d’entre elles sont expédiées le jour même par camion frigorifique à travers tout le pays – et bientôt exportées vers les pays du Golfe. Gustativement, les volailles El Beldi ne souffrent aucune comparaison avec celles élevées en batterie. Elles ont une chair à la fois dense et souple avec une excellente attache au squelette après cuisson. Elles sont juteuses à souhait, d’une tendreté remarquable et exhalent un fumet délicat caractéristique des animaux bien élevés et parfaitement traités.

Du producteur au consommateur

El Beldi est certes un industriel de l’agroalimentaire, mais qui élève, abat, transforme et distribue comme un authentique artisan. De plus, El Beldi valorise ses volailles en transformant une partie de sa production en de délicieuses et inédites recettes charcutières, toutes vendues sous la marque Andalous – jambons nature ou assaisonnés, pâtés, rillettes, saucissons, chorizos… Des enseignes nationales de la grande distribution ne s’y sont pas trompées, elles qui désormais proposent à leurs clients des produits haut de gamme complètement inédits dans le domaine du halal. Dès cet été, le magasin Carrefour Gourmet de Rabat sera doté d’un corner permanent aux couleurs des marques El Beldi et Andalous, avec vente à emporter ou dégustation sur place (ouverture prévue à l’automne pour celui de Casablanca). Enfin, le groupe lance fin août à Marrakech sa propre chaîne de rôtisseries et de produits traiteur. À suivre…

El BeldiEl Beldi